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Plan
-- 1ère
partie -- 2ème
partie -- 3ème
partie
III/
MAIS UNE OEUVRE DURABLE EN DE NOMBREUX DOMAINES
La 4ème république na cependant pas démérité
en tout, loin sen faut. Elle laisse une oeuvre importante derrière
elle et de nombreux acquis durables.
A/ LE
DEBUT DES TRENTES GLORIEUSES
1/ A
partir des années 50, la situation économique saméliore
franchement. On sort définitivement de laprès-guerre.
La France sengage dans une période de forte croissance
qui dura pratiquement sans interruption jusquen 1974 (début
des Trente Glorieuses avec 5% de croissance de léconomie
par an), ce qui permet au pays de retrouver, dès le début
des années 50, son niveau de production de 1929 (qui avait
constitué un record avant la crise).
2/ Le
contexte très favorable explique pour une bonne part cette
croissance : le monde se reconstruit, la demande est forte et le Baby
Boom lentretient. Laide Marshall fut également
très importante. La 4ème République, malgré
les difficultés (guerres coloniales par exemple) a cependant
beaucoup contribué à cette expansion :
- au travers des plans : plan Monnet de modernisation et déquipement
(1947), puis plan Hirsch (1954-1957) favorisant les industries de
consommation,
- avec laction dhommes détat : Antoine Pinay,
président du conseil en 1952, stabilise pour un temps linflation
et lance un emprunt resté célèbre (3,5% indéxé
sur lor et exonéré dimpôts de succession
et sur le revenu). Son action aux effets économiques contestés,
a été très populaire et a permis de rétablir
la confiance. Il est resté un des hommes politiques les plus
appréciés de la 4ème République. Au total,
le PNB de la France est en forte croissance dans les années
50 et croît plus vite que celui des EU ou de la GB. Seule la
RFA parvient à faire sensiblement mieux.
3/ Tous
les secteurs ne connaissent toutefois pas la même croissance.
Les plus dynamiques sont alors :
- la production dénergie (électricité et
pétrole), très favorisée par les gouvernements
(il y avait urgence en 1945 !). Construction de barrages, recherches
de gisement (gaz naturel de Lacq en 1957, pétrole algérien),
- les industries de consommation : automobile, dont la production
est en forte croissance (succés de la 4CV Renault et de la
2CV Citroën), pharmacie et hygiène (effet de la création
de la Sécu.), électroménager dont
cest le boom (tout le monde veut son frigidaire ou sa machine
à laver).
Lagriculture se transforme et se modernise peu à peu.
Les productions augmentent. Début du remembrement et de la
motorisation des campagnes. Il faut dire que cela était nécessaire
: la France de 1945 comptait encore 35% dagriculteurs, lagriculture
navait pour dire pas évolué depuis le début
du siècle avec des parcelles morcelées, et une ignorance
des techniques agricoles modernes.
B/
LE PROGRES SOCIAL
La vie
quotidienne des Français saméliore assez vite
à partir des années 50. Symboliquement, on peut dire
que lon sort de laprès-guerre en 1949, lorsque
les tickets de pain sont supprimés. La société
française change alors rapidement, opère une véritable
mutation et abandonne définitivement ses caractères
traditionnels : on entre dans une société de consommation.
Létat favorise la hausse du pouvoir dachat, ce
qui entretient une forte consommation très favorable à
lexpansion économique. Par exemple, en 1955, un accord
entre direction et syndicat est signé chez Renault qui prévoit
des hausses de salaires sensibles, 3 semaines de congés payés
en échange dun engagement à limiter les jours
de grèves.
Cette 3ème semaine de congés payés est généralisée
en 1956 par le gouvernement Guy Mollet.
Quelques symboles de cette accession à une société
de consommation :
- moulin à café Moulinex en 1956, symbole de larrivée
massive de lélectroménager dans les foyers,
- succès de la Dauphine Renault en 1956, une des 1ères
voitures très populaires,
- 1er vol de la Caravelle en 1955 qui marque les succès technologiques
français et le début dun tourisme international,
Autre soutien de la croissance : le baby-boom. La France se repeuple
fortement : 44,3 millions de Français en 1958 (contre 40 M.
pendant la guerre). Par ailleurs lespérance de vie augmente
sensiblement (forte chute de la mortalité => 65 ans despérance
de vie pour les hommes en 1955).
La croissance est telle que, non seulement le plein-emploi est réalisé,
mais la France connait une pénurie de main doeuvre necessitant
un appel à limmigration.
Une France de plus en plus urbaine (55% en 1946, 65% en 1960). Le
début de modernisation de lagriculture relance un important
exode rural. La France perd définitivement son caractère
rural et agricole et rentre dans la modernité,
celle-ci est urbaine. Cela pose un problème nouveau : le renforcement
des inégalités régionales, on prend conscience
de limportance de la concentration des activités sur
les grandes villes (Jean-François Gravier sort en 1947 son
retentissant livre Paris et le désert français).
La 4ème République débute une politique daménagement
du territoire qui reste timide (en 1955 la création de nouvelles
usines est interdite dans un rayon de 80 km autour de Paris alors
que lon aide les implantations en zone rurale).
Seul véritable point noir, le problème du logement.
On manque cruellement de logement pour cette France qui est en pleine
expansion démographique : lappel de labbé
Pierre, dans lhiver 54, est là pour témoigner
du travail restant à faire.
Certes il y a des perdants : petits paysans ayant dus quitter leurs
terres, artisans et petits commerçants victimes de la modernisation.
Ils se manifesteront en 1956 au travers du Poujadisme, mais les acquis
sont déjà considérables.
C/
LA MARCHE VERS LEUROPE
Les hommes
de la 4ème République ont également à
leur actif la promotion de lidée européenne. Sont
en effet alors dans lopposition les deux principales forces
anti-européennes : le parti communiste et les gaullistes. Libéraux,
socialistes et démocrates-chrétiens, au pouvoir sous
la 4ème République, sont très majoritairement
favorables à une construction européenne.
La France joue même un rôle très actif dans cette
construction :
- lidée de créer une CECA revient au français
Jean Monnet. Il sagit de créer une Communauté
Européenne du Charbon et de lAcier. LEurope doit
se reconstruire et se réconcilier. La France est riche en fer
et lAllemagne riche en coke. Jean Monnet propose de créer
un marché commun du charbon et de lacier pour faciliter
le commerce de ces deux produits vitaux au lendemain de la guerre,
afin daccélérer la reconstruction et de créer
des solidarités entre pays européens. Il soumet son
projet au président du conseil de lépoque, le
MRP Robert Schuman. Ce lorrain, lui aussi européen convaincu,
va défendre et faire aboutir le projet. Cest le premier
élément concret dune construction européenne
qui allie, dès 1951, 6 pays (RFA, Italie, France, Benelux).
- linitiative de créer une CED revient au français
René Pleven. A partir de 1950, les EU poussent au réarmement
de la RFA pour sopposer au bloc soviétique. Cette persppective
effrayant un peu la France, celle-ci propose (par la voix de son président
du Conseil René Pléven) dintégrer la nouvelle
armée allemande dans une Communauté Européenne
de Défense, bref, de créer une armée européenne.
Le projet est adopté par les 5 pays européens, mais
il est rejetté par le Parlement Français en 1954 : les
députés communistes et gaullistes votent massivement
contre. Pour le PCF, cette armée européenne ne peut
être que dirigée contre Moscou, pour les gaulistes, elle
impliquerait une atteinte à la souveraineté nationale
(la France ne controlerait plus directement son armée, ce qui
est pour eux intolérable). Proposé par un Français,
le projet avorte donc à cause de la France !
- dans la relance de la construction européenne en 1954-1955,
on retrouve à nouveau Jean Monnet aux premiers postes. Cela
donnera la CEE en 1957.
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