Fiche : LE MONDE AU LENDEMAIN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE




La seconde guerre mondiale a été une catastrophe sans précédent dans l'histoire des hommes :
. Humainement, une tragédie

- 50 à 60 millions de mort en tout.
- les civils particulièrement touchés
- l’URSS est la plus touchée (25 millions). Puis : Allemagne (7 millions), Pologne (5,5 millions), Japon (3 millions), France (600 000), Etats-Unis (350 000).
S'ajoute à ce drame des déplacements massifs de population : 10 millions d’Allemands d’Europe de l’est sont en fuite, 7 millions de Japonais quittent l’ex-empire nippon. Lent retour de millions de prisonniers de guerre.

. Matériellement, des dégâts considérables

L’Europe est la plus touchée : la production industrielle de l’Europe a baissé de 50% par rapport à 1939.
L’URSS de l’ouest est ravagée. La France est très touchée : trains, ponts et canaux sont détruits. Les prélèvements allemands ont été considérables.
Les villes allemandes ont beaucoup soufferts (Cologne, Dresde ou Berlin anéanties).
La Grande Bretagne est moins touchée (elle n’a pas connu l’occupation).
Les pays européens sont ruinés, l’endettement a explosé dans tous ces pays.
Les années de l'immédiat après-guerre (1945-1947) sont des années de misère.

. Moralement, un traumatisme

La seconde guerre mondiale a été un nouveau pas dans l’horreur.
Génocides organisés par les nazis pour des raisons idéologiques : Auschwitz (1 million de personnes exterminées), Treblinka 750 000... Nombreux massacres gratuits : Oradour sur Glane, exterminée en 1944 pour rien.
L’Europe voit ses valeurs s’effriter. Les écrivains en témoignent (Albert Camus en 1945 : «la civilisation mécanique est parvenue à son dernier degré de sauvagerie»).
D’où le procès de Nuremberg (nov. 1945-sept. 1946) où sont jugés les chefs nazis encore vivants. Rudolf Hess (prison à vie), Goering (condamné à mort)
.



Une volonté de reconstruire le monde sur des bases nouvelles pour éviter une nouveau conflit aussi horrible :
. Garantir la paix : l’ONU

L’ONU est voulu par Roosevelt. La charte de San Francisco est signée le 26 juin 1945. Son but : éviter les conflits par le dialogue et la menace (casques bleus). Son siège : New York.
Chaque pays membre est représenté à l’Assemblée générale et peut s’exprimer, mais c’est le conseil de sécurité qui détient le vrai pouvoir (URSS, Etats-Unis, France, Chine et Grande-Bretagne sont membres permanents et disposent d’un droit de veto). Un secrétaire général représente l’ONU.

. Assurer la reconstruction monétaire : Bretton-Woods, le FMI et la BIRD
- Juillet 1944, les accords de Bretton Woods entérinent la suprématie du dollar : les taux de change sont désormais exprimés en or ou en dollar. Bretton-Woods fait donc du dollar la seule grande monnaie de paiement international. L'idée est de favoriser les échanges entre les peuples.
- Un Fond Monétaire International (installé à Washington) et une Banque Mondiale (la BIRD) aident les pays à se reconstruire.

. Garantir la liberté du commerce : le GATT (OMC depuis 1995)
Les accords du GATT sont signés en 1947. Leurs buts : réduire les obstacles au développement du commerce entre les pays. L’essentiel de ces négociations porte sur la baisse des tarifs douaniers et la réduction des quotas d’importation. L'objectif est de favoriser le commerce entre les peuples dont on pense qu'il est facteur de paix.




Le monde de 1945 est bien différent de celui de 1939 :
. Déclin de l’Europe et avènement de deux "super grands"
. L’Europe devient une puissance secondaire : l’Allemagne n’existe plus (divisée et occupée), La GB est affaiblie, la France l'est plus encore. Elle est de plus discréditée par Vichy.
. Les Etats-Unis sont à leur apogée en 1945 : un pays épargné par la guerre, un enrichissement considérable (2/3 des réserves d’or du monde), une supériorité technologique, une supériorité militaire (en 1945 les seuls détenteurs de la bombe A), une diffusion de leurs valeurs (à travers l’ONU, le GATT, Bretton-Woods).
. L’URSS est l’autre grande puissance en 1945 : elle a la plus grande armée du monde et occupe la moitié de l’Europe, l’idéologie communiste est très populaire car l’URSS passe pour le fossoyeur du nazisme et donc le défenseur de la démocratie.

. Réveil des peuples colonisés
Partout les colonisateurs européens sont vaincus et vulnérables. Les peuples colonisés réclament des réformes et parfois l’indépendance. Les premières indépendances ont lieu au Proche-Orient : Syrie et Liban (1946), Palestine (1948).

. Des modifications territoriales très importantes
. En Europe : déplacement des frontières vers l’ouest
- L’URSS avance à l’ouest : annexion de la Carélie finlandaise, des 3 états baltes, de Kaliningrad, de l’Est de la Pologne, de l’Est de la Tchécoslovaquie et de l’Est de la Roumanie,
- La Pologne glisse à l’ouest jusqu’à la ligne Oder-Neisse au détriment de l'Allemagne.
- L’Allemagne est la grande perdante : territoire réduit d’un quart, divisé et occupé.
. En Asie : disparition du vaste Empire japonais
- Disparition de l’Empire japonais qui s’étendait sur presque tout le Pacifique.
- la Chine retombe dans la guerre civile entre communistes de Mao ZeDong et nationalistes de Tchang Kaï Chek.
- la Corée est libérée, mais coupée en deux (sud capitaliste, nord communiste).
- L’URSS annexe le sud de l’île Sakhaline et les îles Kouriles.

. Vers la guerre froide : montée de l’opposition EU/URSS entre 1945 et 1947.
. Yalta, 4-11 février 1945 : pas un partage du monde mais une volonté de s’entendre
Cette conférence réunit Roosevelt, Churchill et Staline. Bilan de la conférence :
- Roosevelt fait accepter le principe d’une ONU par Staline,
- Staline promet de s’engager dans la guerre contre le Japon,
- Un désaccord important subsiste sur la Pologne : sur la frontières Oder-Neisse et sur le gouvernement polonais.
- L’Allemagne et l’Autriche seront gouvernés en commun. Churchill obtient une place pour la France dans le futur gouvernement à 4 de l’Allemagne.
- Une importante “déclaration sur l’Europe libérée” est signée. On y affirme de grands principes démocratiques.
. Potsdam 17 juillet-20 août 1945 : des désaccords insurmontables
Sont présents : Truman, Attlee et Staline. Atmosphère moins cordiale car :
- les EU disposent de la bombe A et n’ont plus besoin de l’URSS contre le Japon.
- Staline ne respecte pas la déclaration sur l’Europe libérée de Yalta et installe des gouvernements communistes en Europe de l’est.
Les principaux désaccords ne sont pas réglés :
- On se met d’accord sur les zones d’occupation de l’Allemagne et de Berlin et sur la dénazification, la décartellisation et la démilitarisation de l’Allemagne,
- On en reste à une frontière ouest de la Pologne sur l’Oder-Neisse jamais acceptés par les Etats-Unis et la Grande Bretagne mais qui va rester la frontière de fait,
- La méfiance monte : à l’ouest on s’inquiète de la progression du communisme qui pourrait s’étendre à toute l’Europe vu la faiblesse du continent ; à l’est, Staline craint de se voir contester des avantages territoriaux qu’il estime légitime.
. Un «rideau de fer s’est abattu sur le continent»
Churchill à Fulton (Etats-Unis), lors d’un célèbre discours en mars 1946, déclare que, «de Stettin sur la Baltique à Trieste sur l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent européen». L’expression devait rester.
La Grande alliance est bien morte : la guerre froide s’ouvre officiellement l’année suivante avec la discours de Truman et l’aide Marshall qui vont couper l’Europe en deux.

 

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