Fiche : LA GUERRE FROIDE (3) : 1979-1991

. Accentuation de la poussée soviétique :
- En décembre 1979 l’URSS envahit brutalement l’Afghanistan.
- Au début des années 1980, l’URSS installe des missiles SS 20 à moyenne portée capables de toucher toute l’Europe de l’Ouest.

. Réveil des EU au début des années 80 avec l’élection de Ronald Reagan :
- Reagan augmente les dépenses militaires, installe en Europe de l’Ouest des fusées Pershing II et annonce l'Initiative de Défense Stratégique (IDS, aussi nommée «guerre des étoiles») : mise au point d'un "bouclier" de satellites anti-missiles.
- Soutien américain à tous les régimes non-communistes (ex : Nicaragua, Thailande, Philippines...),
- Débarquement américain dans l’île de la Grenade en 1983 pour renverser le gouvernement pro-communiste.
. En 1984, l’URSS décide de boycotter les Jeux Olympiques de Los Angeles. On semble revenir à une ambiance digne du début des années 1950.

. 1985 : Mikhail Gorbatchev tente un sauvetage de l’URSS
- Mars 1985 : Mikhail Gorbatchev est élu Secrétaire général du PCUS.
- L’URSS est en crise (Tchernobyl 1986, alcoolisme, économie ruinée...). Volonté de Gorbatchev de redresser l’URSS et de sauver le communisme.
. Le programme de Gorbatchev tient en deux mots clés :
- «Perestroïka» (restructuration de l’économie), soit un peu plus de libertés pour les entreprises.
- «Glasnost» (transparence dans la société), soit plus de libertés d'expression. Fin de la censure dans la presse. Un début d’opinion libre se crée, mais elle est très critique.
- Réforme des institutions. Les 1ères élections libres ont lieu en 1989 : un nouveau Parlement est élu (Boris Eltsine est élu à Moscou).
- Forte réduction des dépenses militaires qui asphixient l'URSS.

. Echec de Gorbatchev et implosion de l’Union Soviétique
- Gorbatchev est très populaire à l’ouest (“Gorbymania”) mais très critiqué à l’est.
- L’économie soviétique continue de se détériorer et les Soviétiques sont très mécontents.
- Au Parlement, Boris Eltsine milite pour un passage au capitalisme et à la suppression du rôle dirigeant du PC. Gorbatchev hésite puis refuse et se retouve isolé.
- Réveil des nationalités : révolte des pays baltes (Lituanie surtout) qui proclament leur indépendance. Toutes les Républiques qui composent l'URSS les imitent et remettent en cause la domination de la Russie (Kazakhstan, Biélorussie, Ukraine...).

. Mort de l’URSS
- Tentatives de coup d'État en août 1991 par des communistes conservateurs pour sauver l’empire. Gorbatchev est arrêté. Boris Eltsine, président de la Fédération de Russie, devient célèbre en faisant échouer le putsch.
- Eltsine interdit le parti communiste et reconnaît l'indépendance de toutes les Républiques soviétiques. Puis, en décembre 1991, Eltsine décrète la mort de l’URSS et remplace l’URSS par la CEI (déclaration de Minsk). C’est la fin de l’Union Soviétique de Lénine.
- La disparition de l'URSS contraint Gorbatchev à démissionner le 25 décembre 1991. C’est la fin de son rôle politique.

. 1989, révolutions en Europe centrale et disparition du bloc soviétique
. Elles débutent en Pologne :
- Un pays contestataire, très catholique et soutenu par le nouveau pape (1978) polonais Jean-Paul II.
- En 1989, des élections législatives libres marquent le triomphe du syndicat libre “Solidarnosc” : pour la 1ère fois depuis 1947, un régime non-communiste est constitué en Europe de l’est. Lech Walesa, président de Solidarnosc est élu président de la République (1990).
- L’URSS n’a pas bougé (à l'opposé de 1956 en Hongrie et 1968 en Tchécoslovaquie).
. Le mouvement gagne alors toute l’Europe de l’est :
- “révolution de velours” en Tchécoslovaquie et élection d’un intellectuel dissident, Vaclav Havel, à la présidence de la République.
- liquidation du sinistre dictateur Ceaucescu en Roumanie.
. Le plus spectaculaire se déroule en Allemagne :
- 10 novembre 1989, chute du mur de Berlin.
- Rôle décisif du chancelier Helmut Kohl qui active la réunification.
- En 1990, le Deutschmark devient monnaie unique pour les deux Allemagnes.
- Le 3 octobre 1990 l'unification allemande est officielle.
Tout est donc allé très vite.

. Amplification du désarmement
- Rencontres nombreuses et toujours dans une bonne ambiance entre Gorbatchev et Reagan (puis Georges Bush élu en 1988), notamment à Reykjavik (Islande) en 1986.
- En 1987, Gorgatchev et Reagan signent le traité de Washington qui prévoit le démantèlement en trois ans des euromissiles soviétiques et américains.
- En 1991, Gorgatchev signe avec le président Bush l'accord START I : les deux grandes puissances s'engagent à réduire leur arsenal nucléaire stratégique de 30 %. Contrairement à la Détente, cette fois c'est du vrai désarmement.

. Apaisement des conflits liés à la guerre froide
- La guerre d’Afghanistan a été un fiasco pour l’URSS. Gorbatchev annonce en décembre 1987 le retrait progressif de ses troupes. Le bilan est effroyable.
- L'arrêt de l'aide soviétique aux Vietnamiens les conduits à quitter le Cambodge en 1989. Retour progressif de la paix dans toute l'Indochine.
- De même au Nicaragua où les EU stoppent leur soutien aux «Contras». L'Amérique centrale s'apaise.

. Fin de la guerre froide
- En décembre 1989, Bush et Gorbatchev proclament officiellement la fin de la guerre froide à Malte.
- La fin du rideau de fer permet le rapprochement des deux Europes. En novembre 1990, les 34 États membres de la CSCE ratifient un plan de réduction massive des armements conventionnels.
- En 1991, le CAEM et le pacte de Varsovie sont dissous.
- A partir de 1990, l’Europe de l’Ouest s’engage dans la reconstruction de l'Europe de l’Est en créant une banque, la BERD.
- Dès lors, plusieurs pays de l’Est demande leur adhésion à l’OTAN et à l’Union Européenne, notamment la Pologne.
- L'aube des années quatre-vingt-dix semble prometteuse. Partout la paix et le désarmement semblent l’emporter. Cet optimisme ne dura pas longtemps...

 

retour