Fiche : LA GUERRE FROIDE (2) : 1956-1979

. Mort de Staline en 1953. Khrouchtchev arrive au pouvoir en URSS. Il prône la “coexistence pacifique” avec les Etats-Unis (Khrouchtchev : «Au siècle des missiles, que ton voisin te plaise ou non, il n'y a rien d'autre à faire qu'à s'entendre avec lui, car nous n'avons qu'une seule planète»).
. Dégel dans les relations internationales. Reprise du dialogue, voyage de Khrouchtchev aux EU en 1959.
. Mais une compétition maintenue entre les deux Grands, par exemple le défi spatial lancé par l’URSS aux EU :
- Octobre 1957, Sputnik, 1er satellite artificiel. Un choc aux EU qui craignent d'être distancés.
- En 1961, cela s'aggrave : le premier homme dans l’espace est un Russe (Youri Gagarine).
- Réaction très vigoureuse des EU. JFK promet en 1961 de «mettre un Américain sur la lune avant la fin de la décennie». C’est le programme Apollo qui aboutit en 1969.
. Et toujours des crises graves et une tension (la coexistence pacifique n’est pas la fin de la guerre froide) :
- Construction du mur de Berlin le 13 août 1961 (la RDA devient une prison).
- Kennedy à Berlin-ouest en 1963 réaffirme le soutien des EU à Berlin-ouest et à tous les hommes libres, avertissant l'URSS de ne pas aller trop loin (Discours : «Ich bin ein Berliner»).
- Crise des fusées de Cuba en octobre 1962 : la crise la plus grave de toute la guerre froide. On frôle la guerre.

. Une volonté de détente suite à la très grave crise de Cuba de 1962.
Manifestation de cette Détente :
. Une volonté de limiter la course aux armements :
- 1963 : traité de Moscou interdisant les essais nucléaires dans l’atmosphère,
- 1968 : traité de non-prolifération nucléaire.
(Ces deux traités n’ont été signés ni par la Chine ni par la France).
- 1972 et 1979 : accords SALT sur la limitation des armes stratégiques.
. En Europe : ”Ostpolitik” du chancelier de la RFA, Willy Brandt (1969-1973).
- Reprise du dialogue entre la RFA et la RDA.
- Les frontières allemandes et polonaises sont reconnues.
- Un geste symbolique très fort : Willy Brandt agenouillé devant le monument élevé à la mémoire des victimes du ghetto de Varsovie en Pologne (7/12/1970).
. La CSCE et les accords d’Helsinki, point culminant de la Détente (1973-1975)
- On garantit l’inviolabilité des frontières européennes issues de 1945,
- Signature de traités sur les droits de l’homme (autodétermination des peuples, libre-circulation des personnes).

Limites de cette Détente :
. La Détente ne signifie pas le désarmement (baisse), mais simplement une limitation (on fixe un plafond).
. La CSCE, une mascarade médiatique ? Les accords sur les droits de l’homme furent en effet vagues et peu respectés par l’URSS.
. Toujours des conflits indirects : l’exemple de la guerre du Vietnam (1965-1973) : les EU soutiennent le sud capitaliste contre le nord communiste. Enlisement de l’armée américaine dans ce conflit très mal vu par l’opinion américaine. Les EU doivent se retirer en 1975. Le bilan est très lourd : 60 000 soldats US tués, plus d’1 million de Vietnamiens.

Vers la fin de la Détente :
. Les EU sont affaiblis
et connaissent dans les années 70 une série de revers :
- echec au Vietnam qui provoque une crise de confiance aux EU (présidence Carter),
- scandale du Watergate qui oblige Nixon à démissionner en 1974,
- la prise d’otages des membres de l’ambassade américaine à Téhéran en 1979 et l’échec du raid destiné à les libérer en 1980.
. Cet affaiblissement des EU s’accompagne d’une poussée communiste qui montre que l’on est toujours dans une logique de guerre froide :
- Vietnam communiste réunifié depuis 1975.
- Laos et Cambodge passent également au communisme. Victoire des khmers rouges dirigés par Pol Pot au Cambodge qui se livrent à d’épouvantables massacres sous prétexte de “régénération communiste” (au moins 1 million de morts sur une population de 7 millions).
- Soutien de l’URSS et de Cuba aux mouvements de "libérations marxistes" en Afrique : Mozambique, Angola. Soutien à l’Ethiopie également.
- En Amérique latine, le désengagement américain laisse le champ libre aux "révolutionnaires marxistes" qui parviennent parfois à prendre le pouvoir (dans l'île de la Grenade ou au Nicaragua).

. A l’ouest, des problèmes nouveaux pour les E-U :
- Moindre domination économique, redressement de l’Europe et du Japon.
- Coup d'état de Castro à Cuba en 1959 qui s'allie avec l’URSS et crée un foyer très anti-américain au large de la Floride.
. L’Amérique latine est agitée par des vagues de guérillas souvent soutenues par Cuba (missions de Ernesto “Che” Guevara, lieutenant de castro) afin de créer “un, deux plusieurs Vietnams”.
. La France gaulliste va sans cesse critiquer l’hégémonie américaine (opposition à la guerre du Vietnam en 1966, opposition à la domination du dollar en 1965...).

- A l’est, le XXème congrès du PCUS provoque un séisme dans le bloc :
. Fevrier 1956, XXème congrès du PCUS. Dans son “rapport secret” khrouchtchev lance la déstalinisation qui entraîne d’importantes réactions dans le camp communiste :
- un immense espoir naît en Pologne et plus encore en Hongrie où les populations y voient une possibilité d’obtenir plus de libertés et de désserer le joug soviétique très mal accepté.
- L’essentiel se passe en Hongrie : on manifeste contre l’URSS pour réclamer des élections libres. Imre Nagy, communiste libéral hongrois, revient au pouvoir et dénonce le Pacte de Varsovie. Moscou, le 4 novembre 1956 envoie l’armée rouge pour rétablir l’ordre. Nagy est arrêté et exécuté.
- la Chine n’accepte pas la déstalinisation et accuse l’URSS de trahison. En 1958, c’est la rupture. Dégradation des relations sino-soviétiques. Conflit sur le fleuve Oussouri en 1969. La Chine devient d’autant plus menaçante qu’elle dispose de la bombe atomique dès 1964. Le monde communiste dispose désormais de deux têtes concurrentes. La Chine renoue avec les EU en 1972, ce qui lui permet de retrouver son rang sur la scène internationale et de remplacer Taïwan au Conseil de sécurité de l’ONU.
- En 1968, le communisme est remis en cause en Tchécoslovaquie : c’est le “printemps de Prague”. Le réformateur Alexandre Dubcek devient secrétaire général du parti. Il libéralise le pays : liberté de la presse, pluralisme politique. Cela provoque l’intervention des armées du Pacte de Varsovie en Tchécoslovaquie en août 1968 au nom de la “doctrine Brejnev” : le PC Tchèque est épuré et les libertés supprimées.

 

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