PHILIPPE PETAIN (1856-1951)

 

. Général français pendant la première guerre mondiale (Verdun, 1916).

. Maréchal de France.

. Chef du régime de Vichy de 1940 à 1944.

. Condamné, il meurt en prison en 1951.


1/ Jusqu’en 1918, le militaire
Né en 1856, entre à St Cyr puis à l’Ecole de guerre où il devient professeur.
En 1914, il a l’âge de prendre sa retraite, mais la guerre le maintient en activité. En 1916, il commande à Verdun. Il réussit à contenir l’avancée allemande, à maintenir le moral des troupes et à s’attacher durablement la reconnaissance des poilus en limitant au maximum les assauts et les pertes inutiles. En 1918, il est élevé au grade de Maréchal. Son prestige est alors immense.

2/ De 1918 à 1940, du militaire au politique
Pendant l’entre-deux-guerres, Pétain conserve de grandes responsabilités militaires. Il est nommé Maréchal et devient un symbole patriotique. Peu à peu, son rôle devient également politique et il va participer à des gouvernements dans les années 1930. Militairement, ses conceptions évoluent peu : il croit surtout à la défensive et aux fortifications. C’est d'ailleurs à son initiative qu’en 1927 est décidée la construction de la Ligne Maginot.
En 1939, Pétain est nommé ambassadeur en Espagne, son prestige devant permettre de réconcilier la France avec l’Espagne de Franco.

3/ De 1940 à 1944, chef de l’Etat Français à Vichy
En mai 1940, le nouveau Président du conseil Paul Reynaud appelle Pétain au gouvernement. Il devient vice-Président du Conseil. Face à la percée allemande, Pétain est rapidement convaincu qu’il n’y a plus rien à faire et réclame un armistice. Paul Reynaud démissionne le 16 Juin 1940. Pétain devient Président du Conseil et, dès le 17 juin, adresse aux Allemands une demande d’armistice.
De juillet 1940 à août 1944, Pétain est, à Vichy, le chef de l’”Etat français”, qui n’est ni une république ni une monarchie, mais un régime autoritaire.
Pétain est profondément réactionnaire, il est hostile à la démocratie et au parlementarisme, il croit aux vertus de la hiérarchie et de la discipline. Son grand projet est la Révolution Nationale, véritable contre-révolution qui devait revenir sur tous les grands principes de liberté et d’égalité acquis depuis 1789. Pourtant, l’occupation et ses contraintes interdit sa réussite et pousse Pétain à collaborer toujours plus avec les nazis (à partir du 24 octobre 1940 à Montoire, poignée de main Hitler-Pétain).
En 1942, Vichy n’est plus qu’un satellite du Reich et Pétain couvre toutes les exactions et doit accepter l’entrée au gouvernement de purs fascistes pro-nazis. (Darnand, Déat, Henriot).
Longtemps persuadés qu’il bluffe les Allemands et mène un double-jeu afin de les protéger (c’est la théorie du “Pétain bouclier”), les Français ont été longtemps maréchalistes. Sa popularité personnelle reste encore grande en 1944 alors que Vichy est de plus en plus désapprouvé.
En août 1944, les Allemands l’emmêne en Allemagne (à Sigmaringen), mais il décide de revenir en France en avril 1945 pour y être jugé. Il est condamné à mort mais grâcié par de Gaulle. Il meurt en 1951 dans sa prison de l’île d’Yeu. Il avait 95 ans.