1/ Les années
de formation et la guerre (1916-1946)
François Mitterand naît en 1916 dans une famille de droite.
Fait prisonnier en 1940, il sévade en 1941 et rejoint la zone
libre. Il obtient un emploi à Vichy. Il a alors de réelles
sympathies pour le régime de Vichy et pour Pétain, mais, anti-allemand,
Mitterand finit par sengager dans la résistance en 1943. Il
refuse pourtant de rejoindre de Gaulle.
2/
Ministre sous la 4ème république (1947-1958)
Il est élu pour la première fois député dans
la Nièvre en novembre 1946. Il adhère à lUDSR,
petit parti plutôt centriste et devient pour la première
fois ministre en 1947.
Il est très souvent ministre sous la 4ème république.
Son poste le plus important : ministre de lintérieur dans
le gouvernement Mendès-France lorsquéclate la guerre
dAlgérie (1954).
3/
Lopposant à de Gaulle et lhomme de lunion de
la gauche (1958-1981)
Le 13 mai 1958, il soppose demblée au retour du général
de Gaulle.
En 1965, il se présente à lélection présidentielle
contre de Gaulle. Son beau score au deuxième tour (44,8%) fait
de Mitterand lhomme inévitable à gauche. En mai 68,
Mitterand croyant de Gaulle à bout de souffle, se présente
seul comme candidat potentiel. Cest un échec qui lisole
et le discrédite. Aussi, lors des présidentielles de 1969,
il laisse passer lorage et ne se présente pas.
En 1969, la vieille SFIO disparaît vctime de ses contradictions.
Le P.S. (Parti Socialiste) naît, la gauche non communiste se rénove.
En juin 1971, lors du Congrès dEpinay du PS, Mitterand parvient
(le même jour !) à adhérer au PS et à en prendre
le contrôle en en devenant le secrétaire général.
Un an plus tard, en 1972, il signait le Programme commun de gouvernement
avec le parti communiste. Cette fois, il était prêt.
Aux présidentielles de 1974, Mitterand est à nouveau le
candidat unique de la gauche. Il est battu de justesse par Valéry
Giscard dEstaing (49,2%). Un temps menacé à gauche
par Michel Rocard, il parvient à écarter son jeune rival
et à se maintenir seul candidat de la gauche en 1981. Il lemporte
aux présidentielles de 1981, à nouveau contre Giscard.
4/
Le Président aux deux septennats (1981-1988-1995)
Après un bref état de grâce et des réformes
majeures (en 1981-1982 sous le gouvernement Mauroy), Mitterand déçoit
et devient le Président le plus impopulaire de la 5ème République.
En 1983, il abandonne les réformes de gauche et, face aux difficultés
économiques, accepte une gestion plus libérale de léconomie
(gouvernement de Laurent Fabius 1984-1986). La déception chez lélectorat
de gauche est considérable, doù la défaite
aux législatives de 1986 et la première cohabitation avec
Jacques Chirac (RPR) qui devient premier ministre. Mitterand utilise pourtant
mieux la cohabitation que son adversaire et lemporte à nouveau
aux Présidentielles de 1988.
La deuxième présidence connaît le même rythme
que la première : impopularité, défaite électorale
en 1993 et cohabitation (gouvernement Balladur 1993-1995). Ce second septennat
est toutefois encore plus critiqué que le premier (éclatement
de nombreuses affaires). Mitterand, malade, achève
difficilement ce second mandat. Il meurt en 1996 et est inhumé
à Jarnac.
Bilan
et conclusion sur François Mitterand
François Mitterand est sans doute une des personnalités
politiques les plus complexes du siècle.
Un grand homme détat, avec un sens de la politique exceptionnel.
Sans doute un des plus grands tacticiens politiques du siècle qui
a su anticiper les évolutions.
Mais un homme difficile à cerner, avec beaucoup moins de convictions
qu'un de Gaulle. Mitterand a toujours été prêt à
beaucoup de concessions pour parvenir à ses fins. Il y a en effet
beaucoup dopportunisme et un goût incompressible pour le pouvoir
chez cet homme. En fait, peut-être seules trois idées ont
été constantes dans toute sa vie :
- il na jamais été marxiste ni communiste,
- il a toujours été anti-gaulliste,
- il a toujours été un défenseur de la construction
européenne.
Beaucoup de déceptions dans ce double septennat : les années
Mitterand se sont en effet accompagnées de nombreux scandales,
dune montée des inégalités et dune résurgence
de lextrême-droite. Déception de la quasi-totalité
de ceux qui attendait une vrai politique de gauche après 1981.
Il a pourtant eu le mérite de réconcilier la gauche avec
la 5ème République. Lalternance droite-gauche sest
mise en place avec lui. En ce sens, son double septennat a contribué
à rendre la France plus démocratique.
|