FRANCOIS MITTERAND (1916-1996)

. Toute sa vie fut tournée vers la politique.

. Sans être vraiment un homme de gauche, il prend la tête du PS en 1971 et s'impose à gauche.

. Il réussit l'union de la gauche en 1972 et amène celle-ci au pouvoir en 1981.

. Président de la République pendant 2 septennats (1981-1988-1995).

. Un bilan considérable mais aussi de cruelles déceptions.

. Beaucoup de talent politique, mais aussi beaucoup d'opportunisme.


1/ Les années de formation et la guerre (1916-1946)
François Mitterand naît en 1916 dans une famille de droite.
Fait prisonnier en 1940, il s’évade en 1941 et rejoint la zone libre. Il obtient un emploi à Vichy. Il a alors de réelles sympathies pour le régime de Vichy et pour Pétain, mais, anti-allemand, Mitterand finit par s’engager dans la résistance en 1943. Il refuse pourtant de rejoindre de Gaulle.

2/ Ministre sous la 4ème république (1947-1958)
Il est élu pour la première fois député dans la Nièvre en novembre 1946. Il adhère à l’UDSR, petit parti plutôt centriste et devient pour la première fois ministre en 1947.
Il est très souvent ministre sous la 4ème république. Son poste le plus important : ministre de l’intérieur dans le gouvernement Mendès-France lorsqu’éclate la guerre d’Algérie (1954).

3/ L’opposant à de Gaulle et l’homme de l’union de la gauche (1958-1981)
Le 13 mai 1958, il s’oppose d’emblée au retour du général de Gaulle.
En 1965, il se présente à l’élection présidentielle contre de Gaulle. Son beau score au deuxième tour (44,8%) fait de Mitterand l’homme inévitable à gauche. En mai 68, Mitterand croyant de Gaulle à bout de souffle, se présente seul comme candidat potentiel. C’est un échec qui l’isole et le discrédite. Aussi, lors des présidentielles de 1969, il laisse passer l’orage et ne se présente pas.
En 1969, la vieille SFIO disparaît vctime de ses contradictions. Le P.S. (Parti Socialiste) naît, la gauche non communiste se rénove.
En juin 1971, lors du Congrès d’Epinay du PS, Mitterand parvient (le même jour !) à adhérer au PS et à en prendre le contrôle en en devenant le secrétaire général. Un an plus tard, en 1972, il signait le Programme commun de gouvernement avec le parti communiste. Cette fois, il était prêt.
Aux présidentielles de 1974, Mitterand est à nouveau le candidat unique de la gauche. Il est battu de justesse par Valéry Giscard d’Estaing (49,2%). Un temps menacé à gauche par Michel Rocard, il parvient à écarter son jeune rival et à se maintenir seul candidat de la gauche en 1981. Il l’emporte aux présidentielles de 1981, à nouveau contre Giscard.

4/ Le Président aux deux septennats (1981-1988-1995)
Après un bref état de grâce et des réformes majeures (en 1981-1982 sous le gouvernement Mauroy), Mitterand déçoit et devient le Président le plus impopulaire de la 5ème République. En 1983, il abandonne les réformes de gauche et, face aux difficultés économiques, accepte une gestion plus libérale de l’économie (gouvernement de Laurent Fabius 1984-1986). La déception chez l’électorat de gauche est considérable, d’où la défaite aux législatives de 1986 et la première cohabitation avec Jacques Chirac (RPR) qui devient premier ministre. Mitterand utilise pourtant mieux la cohabitation que son adversaire et l’emporte à nouveau aux Présidentielles de 1988.
La deuxième présidence connaît le même rythme que la première : impopularité, défaite électorale en 1993 et cohabitation (gouvernement Balladur 1993-1995). Ce second septennat est toutefois encore plus critiqué que le premier (éclatement de nombreuses “affaires”). Mitterand, malade, achève difficilement ce second mandat. Il meurt en 1996 et est inhumé à Jarnac.

Bilan et conclusion sur François Mitterand
François Mitterand est sans doute une des personnalités politiques les plus complexes du siècle.
Un grand homme d’état, avec un sens de la politique exceptionnel. Sans doute un des plus grands tacticiens politiques du siècle qui a su anticiper les évolutions.
Mais un homme difficile à cerner, avec beaucoup moins de convictions qu'un de Gaulle. Mitterand a toujours été prêt à beaucoup de concessions pour parvenir à ses fins. Il y a en effet beaucoup d’opportunisme et un goût incompressible pour le pouvoir chez cet homme. En fait, peut-être seules trois idées ont été constantes dans toute sa vie :
- il n’a jamais été marxiste ni communiste,
- il a toujours été anti-gaulliste,
- il a toujours été un défenseur de la construction européenne.
Beaucoup de déceptions dans ce double septennat : les années Mitterand se sont en effet accompagnées de nombreux scandales, d’une montée des inégalités et d’une résurgence de l’extrême-droite. Déception de la quasi-totalité de ceux qui attendait une vrai politique de gauche après 1981. Il a pourtant eu le mérite de réconcilier la gauche avec la 5ème République. L’alternance droite-gauche s’est mise en place avec lui. En ce sens, son double septennat a contribué à rendre la France plus démocratique.