Sujet : “LES RELATIONS ENTRE L’URSS ET LES DÉMOCRATIES POPULAIRES D’EUROPE, DE 1945 A LA FIN DES ANNÉES 1960”


Compréhension du sujet :

Le coeur du sujet est le mot “relation” : tout doit être traité en fonction de cela. Il y a donc deux risques majeurs de hors-sujet :
1/ Traiter des relations internationales et de la guerre froide,
2/ Traiter de l’histoire intérieure de l’URSS.
La période envisagée est courte, mais fait ressortir deux périodes différentes : les années Staline et les années Khrouchtchev. Un plan chronologique en deux parties est donc sans doute le plus simple et le mieux adapté.
Le sujet ne donne pas de bornes chronologiques précises ("à la fin des années 60"), vous devez donc trouver une limite pertinente, qui ont un sens pour le sujet. Le printemps de Prague en 1968 s'impose et est riche d'enseignement sur l'histoire des relations URSS-Europe de l'est pendant cette période. Il vous permettra de conclure efficacement.
Prenez bien soin, dans votre introduction, de présenter et de définir le sujet (1), d'exposer votre problématique (2) et d'annoncer votre plan (3).

INTRODUCTION :

(1) En 1945, l’URSS est victorieuse et elle occupe tout l’Est de l’Europe. Après le drame qu’a représenté pour elle l’agression allemande, elle s’empresse de constituer un glacis protecteur dans cet espace, et l’armée rouge se transforme assez rapidement d’armée de libération en armée d’occupation. Ainsi naît le monde communiste européen formé de l’URSS et des “démocraties populaires”, comprenant essentiellement la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, L’Albanie, la Tchécoslovaquie et, à partir de 1949, la RDA.
(2) Analyser l’histoire des relations entre l’URSS et les démocraties populaires d’Europe de 1945 à la fin des années 1960 revient essentiellement à retracer l’histoire de la progressive mise sous tutelle d’un ensemble de pays meurtris, les pays de l’Est de l’Europe, par un autre, l’URSS, alors au sommet de son rayonnement international. Quels furent les aspects principaux de cette mise sous tutelle ? Dans quelle mesure cet ordre nouveau fut-il bien établi et surtout bien accepté ?
(3) Nous verrons que si, avec Staline, le “grand frère” soviétique parvient à progressivement à imposer ses hommes et ses méthodes dans ces Etats d’Europe de l’Est pour, peu à peu, les contrôler totalement et en faire ainsi des “satellites”, la mort du secrétaire général du PCUS le 5 mars 1953 et surtout la déstalinisation entreprise par son successeur Khrouchtchev laisse entrevoir un assouplissement qui suscite des espoirs nouveaux et une réaction dans de nombreuses démocraties populaires, sans toutefois remettre en cause le rôle dominant de l’URSS à la fin des années 60.

I/ LA FORMATION DU BLOC DE L’EST ET SA SATELLISATION PAR L’URSS (1945-1953)

A/ L’URSS SE CONSTITUE UN GLACIS DEFENSIF EN EUROPE DE L'EST
. La situation en 1945 (l’armée rouge occupe l’Est de l’Europe), les buts de l’URSS, la prise du pouvoir par les communistes un peu partout.

B/ LES PAYS D'EUROPE DE L'EST DEVEINNENT DES SATELLITES DE L'URSS
. La création du Kominform et son rôle d’asservissement des PC européens, l’extension du PC partout et par tous les moyens : l’ex. du “coup de Prague”, mais l’exception yougoslave.

C/ UNE IMPITOYABLE STALINISATION DES DE MOCRATIES POPULAIRES
. L’épuration, le totalitarisme, le parti unique : vers l’adoption des principes soviétiques.

II/ LE CHOC DE LA DESTALINISATION (1953-FIN 60’s)

A/ UNE DOMINATION MAL ACCEPTEE
. L’exemple des journées d'émeute à Berlin-est en1953 prouve l'opposition précoce de la population au système.

B/ LA DESTALINISATION ET SES CONSEQUENCES
. Les ex. hongrois et polonais, 1956 : les espoirs soulevés, mais vite déçus, réalités et limites de la déstalinisation pour les pays de l’Est.

C/ VERS UNE SOUMISSION PLUS DURE AVEC BREJNEV
. La doctrine Brejnev et l’exemple de la répression en Tchécoslovaquie en 1968 qui prouve la volonté de l'URSS de ne pas perdre le contrôle sur son bloc européen.

CONCLUSION :

La libéralisation entrevue en 1956 se transforme en une cruelle déception pour les démocraties populaires asservies par l’URSS : les crises polonaises et hongroises de 1956 ont rapidement montré les limites de la déstalinisation. Celle-ci donne une certaine autonomie (la voie polonaise vers le communisme) mais ne donne nullement le droit de quitter le camp soviétique (l’insurrection hongroise de 1956 ou le "printemps de Prague" en 1968 le montrent cruellement).
Les relations entre l’URSS et les démocraties populaires sont ainsi restées des relations à sens unique, de dominant à dominés : l’arrivée au pouvoir de Brejnev, qui est là pour longtemps (de 1964 à 1982), symbolise un arrêt à toute entreprise de libéralisation et un retour aux méthodes passées et reporte à plus tard les espoirs de réformes attendus par les populations.

 

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